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Sur le rocher il se pose, il adore le soleil tout en se repliant sur lui-même. Il explore les arrêtes saillantes, il découvre un nid d’ombre où dort un tout petit peu d’eau. Il y plonge le bec et se délecte à plusieurs reprises. Il regagne l’arbre et redevient sur l’une des ses branches la feuille argent qui chante.

La petite féline suit une piste odorante. À l’angle du chemin, on aperçoit ses pattes blanches et l’on devine que sur ses flancs ruissellent des ombres noires en forme de lances et de pointes de flèches. Le museau trempé dans l’ambre à la naissance a senti une présence. Elle bondit à son tour sur le rocher et pendant qu’elle trempe sa langue comme un petit pétale de rose, elle se métamorphose et devient une part du rocher. Quand elle réapparait, elle pose un tout petit miaulement et un regard d’enfant qui demande une friandise sur le dossier du fauteuil. Il y a urgence, elle a besoin de rentrer.

Pendant ce temps qui n’a duré que quelques minutes, l’autre félin, le noir a fait d’une sauterelle qui lui parait géante sa proie. 

Les feuilles de l’arbre se taisent un instant, échangent discrètement leurs places comme s’il fallait pour une armé retrouver ses positions d’attaques et de défenses. 

Le ciel diffuse l’appel d’une tourterelle. Le sommet du cyprès, c’est elle qui l’occupe. Souvent, je me demande si c’est elle qui permet aux nuages de franchir l’espace au dessus du jardin qu’elle contrôle amoureusement de roucoulements.

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Quand la nuit s’installe et qu’il ne fait pas encore tout à fait sombre, il vient s’assoir dans le fauteuil, pose les mains sur les accoudoirs. Quand il reste à la lune assez de lueur pour ne pas me faire peur, il s’assied près du lit, attend et finit par commencer à raconter l’histoire du petit chien qui n’a peur de rien. Jim, un Jack Russel rieur poursuit les enfants dans le jardin. Au goûter, ils mesurent au millimètre près l’épaisseur des tartines qui leur sont servies. 

Sa voix est un murmure continuellement gai, dégoulinant de soleil, interrompu quelques fois par des silences qui retiennent larmes et rires aux seuils des paroles. Il raconte afin de couvrir les hululements du vent, il fredonne afin de ne pas entendre la tempête et l’orage qui a déjà franchi l’horizon et arrive par la mer. Il vient presque toutes les nuits tranquilliser mes sommeils, veiller sur mes endormissements comme quand j’étais enfant. 

Parfois, il déambule dans la chambre, le parquet grince, l’étoffe de son vêtement frôle le sol, se froisse ou se soulève discrètement. J’entends qu’il respire, qu’il souffre encore et toujours de la jambe gauche. Cette jambe est une balafre au visage de son existence.  Jamais je ne rassemble assez de courage pour me relever, le regarder, lui répondre mais je le devine semi-transparent, volatile, le regard tourné vers le songe le plus lointain. Si je feins le sommeil, il se rapproche au point de déposer sur mon front un baiser qu’il signe de son pouce par une petite croix. Ainsi semble-t-il, les baisers ne s’envolent plus, ils restent là où on les donne. Sa main fine et blanche, sa main où les ongles roses sont soigneusement coupés, poncés, polis fait le geste de caresser mes cheveux sur l’oreiller, le geste de l’apaisement et de l’adieu. Il va partir mais c’est aussi le moment où lui et moi redécouvrons qu’il est désormais impossible de se toucher, de franchir le seuil de la mort même si nous sommes  proches l’un de l’autre comme hier, comme il y a longtemps, comme il y a à peine une demie seconde. Même si ce qui sépare les deux mondes ne semble pas exister, n’existe peut-être pas, nous ne pouvons plus nous donner la main, marcher des heures le long de la mer murmurant de toutes petites vagues pour le sable. Lui et moi sommes des fantômes désormais.       

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Ma planète ne connait pas son nom, ce qu’elle sait c’est qu’elle tourne autour d’un coeur, probablement le sien qui est semblable aux volcans de lueurs. Sa trajectoire quotidienne est une oscillation lente ou rapide autour de cette irruption interne et insoupçonnable. 

Le long voyage qu’elle accomplit autour de son étoile, cette courbe ovale l’oblige a traverser l’espace glacial loin de tout ce qu’elle connait ou se sent capable d’imaginer. Ma planète malgré tout ne parle jamais de la peur mais souvent du silence que soulèvent ses questionnements. 

Il n’y a qu’elle qui puisse sentir comment s’étirent, rugissent ses océans, ses mers et pourquoi ses ressources et ses rivières s’épuisent et puis à nouveau subissent pressions soulèvements et partages de ses territoires. Ma planète n’est pas une géante de glace, son atmosphère ne lui apparait pas être une menace. Même si cyclones et orages se disputent l’espace. Même, s’il pleut de l’acide, même si on dit que son atmosphère est irrespirable.

Ma planète souvent regarde le large bleuir, l’univers se remplir d’étoiles, de nuées flamboyantes. Elle se demande si on remarque sa lueur si pâle, les voiles de poussières qu’elle écarte. Elle sait en tout cas sa chance, elle connait toutes les circonstances de ses naissances. Si peu proche du centre, écartée de tous les étés, ma planète pourtant a ses propres saisons: pas de printemps ni d’hivers, pas d’automne ni de moussons. Aucune sécheresse. Parfois on dit de ma planète qu’elle ne suit que sa propre trajectoire, qu’elle va comme les comètes, qu’elle tombe, qu’elle choit sans vouloir le savoir. 

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 Elle, c’est moi.

La pièce est plongée dans la pénombre et elle regarde vaguement dehors, par la grande baie vitrée. Elle se tient à l’écart. L’allumette qui allume sa cigarette éclaire quelques secondes son visage d’une clarté orange. Ses traits sont secs et froids, sans réelle beauté. Ses yeux sont brillants, souples et doux. Le col de sa veste est remonté. Elle regarde sans chercher à comprendre. Un homme semble lui parler. Il fait des allées venues dans la pièce,  passe d’un endroit à un autre. Il resurgit de la pièce dont provient un peu de lumière. Sans doute une cuisine où le café est prêt, où les tasses sont sur la table. 

Elle  semble ne pas l’écouter. Elle ne parle pas. Ne s’adresse plus à lui. Elle se contente d’être là. De fumer sa cigarette. Elle se détache non seulement de lui mais aussi de tout ce qu’il peut lui dire. D’ailleurs qu’est-ce qu’il peut bien lui dire ? Il lui parle de son travail, de ses collègues, de son impossibilité à les mobiliser pour aucun combat. Il doit lui dire qu’ils sont comme des veaux qu’on mène à l’abattoir. Il s’emballe souvent contre l’abdication, contre l’absence de conscience. L’individualisme et l’égoïsme, la libéralisation à l’outrance le révulsent. Le blessent, le désolent.

Ou alors, Il doit lui parler de ses boutons de manchette, du service impeccable de ce nouveau pressing en ville, du sourire de la vendeuse, du succès de cette affaire. Il doit lui dire que désormais c’est là et là seulement, qu’il ira porter ses chemises. Il lui parle de son père, du cancer qui n’en fait qu’une seule bouchée. Il dit que son père est bouffé par les mêmes vers que ses livres. D’ailleurs, il se demande ce qu’il va faire de tous ces livres, une impressionnante collection de vieilles reliures. Il faudra qu’il se renseigne sur la valeur de tout cela. Son père n’en avait jamais assez. Il s’acharnait continuellement à traduire, traduire de ces ouvrages ésotériques que personne ne lit quelle que soit la langue dans laquelle ils  sont écrits. Il préférait rester assis des journées entières, le dos courbé sur ces bouquins comme d’autres le courbent pour la houille dans les mines.Le résultat est le même on y perd la santé.

Il doit lui dire : «  viens, viens t’asseoir au moins, pour prendre une tasse de café, qu’est-ce que tu vas faire, aujourd’hui ? » il lui dit que ces jours-ci, il devrait recevoir les devis. Il a l’intention de refaire la chambre d’ami. 

Elle se demande comment ça ce fait que les autres, les gens autour d’elle trouvent toujours quelque chose à dire. Quelle espèce de joie, peuvent-ils éprouver à parler à ainsi. Où  puisent-ils toute cette énergie ? et pourquoi il n’y aurait qu’elle à se sentir comme un canard boiteux. Elle pense. Elle se dit que les mots ne viennent à elle que quand elle se trouve devant une feuille de papier, ou devant son clavier. Elle se dit qu’il est impudique de parler ainsi. Mais  surtout, elle sait que ses idées prennent du temps pour trouver le chemin des mots et puis ensuite celui des phrases. Elle vit constamment en décalage. Quand elle se trouve face à un visage, elle a envie de ne rien  dire. Car elle n’a pas la force de partir à la cherche d’un sens. Elle se sent trop captivée par la lecture de ce elle a devant elle. Un cil, une bouche, les dents dans la bouche. Les yeux. Les yeux la fascinent. Peut-être parce qu’on lui a appris enfant à ne pas regarder les adultes dans les yeux quand ils parlent. Peut-être pour le mystère de cette interdiction.

 Elle se dit : « j’aime, avant tout, lire » lire l’autre, est-ce l’écouter ? Elle ne donne jamais l’impression d’être présente car elle écoute sans pouvoir répondre. Pourtant elle se sait être comme une éponge. La chambre d’amis, pourquoi voudrait-il la refaire ? Sa chambre à elle, voudrait-elle la refaire ? Non, elle n’aménage jamais que son espace intérieur, ses rêveries. Pour ce qui est du concret, elle s’en remet à lui, entièrement à lui. Il choisit tout, s’occupe de tout, gère tout. Cela lui est bien égal. Tout ce dont elle a besoin, c’est d’un endroit calme, lumineux, silencieux où l’on ne parle pas. L’endroit où l’on peut être seul sans avoir à se couper du monde.

« Mon espace intérieur, « se dit-elle, est un ciel où les oiseaux sont comme la mire brouillée d’un poste de tv resté allumé, sans perspective. C’est un ciel rempli d’oiseaux migrateurs. Et je n’ai envie que de voyages.

Les quelques minutes qu’il me restait ont été passées à m’imaginer la vie d’une inconnue entrevue du coin de l’oeil dans la clarté d’une fenêtre à peine éclairée. Je n’ai pu apercevoir qu’une silhouette dans le noir. On dit souvent qu’avant de mourir on voit sa vie se détricoter très rapidement, pourtant, moi, je n’ai vu qu’elle. J’étais en retard, c’était l’ aube à peine réveillée d’une nuit sans étoile, le froid se frottait déjà les mains, et tapait du pied pour se réchauffer. L’eau de l’étant était huileuse et noire. J’étais distraite et lui, il était ivre. Si j’avais pu tourner la tête comme  j’avais l’habitude de le faire, j’aurais vu son bolide arriver, j’aurais compris qu’il ne le maîtrisait pas, qu’il ne contrôlait plus rien. Mais non, je rêvais. Je rêvais d’être elle. Elle, sur le point de prendre une décision, la décision de sa vie. 

J’ai senti ma tête heurter violemment le sol, la douleur me broyer et j’ai eu peur lorsque j’ai senti que j’allais mourir. 

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Sa nuit est une caverne qu’il éclaire d’une torche, les ombres valent pour les morts comme pour les vivants, les parties claires tremblent et donnent l’impression que tous s’animent de la même manière. 

Le jour, sa vue décline, ses gestes s’affaiblissent mais sa mémoire arbore toujours le même habit plein de pouvoir lorsqu’il s’agit d’ouvrir un tiroir. La vie en surgit  sous forme de quatrains depuis un jardin qui n’est pas le sien. C’est l’impression que lui donne le temps depuis toujours, que rien ne lui appartient. Qu’il n’en soit pas digne est un des refrains qui le tourmentent.

Le matin, je me surprends à le regarder dormir la tête sous la couverture, avec juste le cercle que forme le nez et la bouche qui dépassent comme le museau d’un ours. J’aimerais à nouveau l’encercler de mes bras et souffler au travers de la couverture et des draps à l’endroit où se loge l’une des oreilles : « Papa, réveille-toi! »

Ma journée s’ensommeillera sous le poids de gestes méthodiques, économes. Mes pas pour assommer les pensées, les mots à répétitions. Les phrases tourmentées tournant autour du même axe jamais ne chavirent ou tombent essoufflées sur le flanc. De bancale, il n’y a que ma démarche. De laid, la crevasse longeant le mollet. Maudite jambe gauche!

C’est dimanche, tous les enfants sont sur la plage, c’est marée basse. Mes frères crient: « la mer est partie! Allons à sa recherche! Cela n’est pas pour les petits! » Mais je veux être des leurs et les suivre, trouver la mer car je crois avec une ferveur brûlante qu’elle restera où elle est, la mer, si je ne pars pas avec eux. Nous marchons une éternité, le sable dans mes souliers érafle la peau, le sel ronge la chair vive mais je n’ose me plaindre. 

Sans avoir trouvé la mer, finalement nous rebroussons chemin. Le soir, à la maison, la fièvre fait son apparition. La nuit, elle réveillera mon père et fera naître en lui une inquiétude qui ne le quittera plus. Sur son lit de mort, elle transformera jusqu’à son ultime sourire. La fièvre, fleur capiteuse de l’infection sera durant de nombreuses années ma visiteuse quotidienne. Parfois, elle me fait délirer, oublier que je ne peux plus accompagner mes frères, ni aller avec eux à l’école. J’apprendrai à lire à côté de mon frère aîné qui peine à déchiffrer les mots d’une langue qu’il ne parle pas. Étrange comme peu à peu, nous ne nous servirons plus que de celle-là pour communiquer entre nous. 

Je pense que c’est cet exploit manqué, cette bavure, n’avoir pas su trouver la mer qui est à l’origine de l’infection qui gagnera la moelle et qui forcera mon père à se spécialiser dans cette branche de la médecine qu’est la pédiatrie. Neuf fois, il m’opèrera. La neuvième fois, il aura le sentiment d’avoir enfin pu terrasser l’ennemi. Une sorte de serpent venimeux qui rampe dans l’os, le tibia de la jambe gauche et qui diffuse son poison en se servant de la moelle. 

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Dans la salle d’attende, j’entends la pluie mais je suis la seule à écouter son galop sur le toit, son trot rassemblé sur les vitres et les fenêtres, ses pirouettes dans les flaques qu’elle a créées hier. 

Dans la salle d’attende, il pleut des soupirs, des doutes. Peu à peu on parvient à maintenir ses larmes dans le tremblement invisible des mains, derrière un visage qui ressemble à celui que peignent les Primitifs Flamands. Un visage qui tente de dissoudre la peine, l’effroi et la question: « Que dira-t-on de moi si je craque? »

Dans la salle d’attende, les rats grignotent. Dans mon livre, tous les mots sont des rongeurs et les virgules quand il en reste s’enfuient. On oublie de respirer, je me crispe et je commence à avoir mal. La douleur comme un soleil se lève lentement pour auréoler dans les articulations brutalisées autrefois, dans une vie antérieure.

Dans la salle d’attende, les gens sont des figurines en carton. Quelqu’un dans le couloir crie: « J’ai besoin qu’on m’écoute, de mon univers il ne reste plus une goutte, aidez-moi! Aidez-moi, je vous en prie ». Le cri s’apaise sous le poids plus virulent de la voix de la personne derrière la vitre du bureau d’accueil. La voix dispose d’un micro et surtout de l’habitude de dire aux autres de se taire. D’attendre même si on étouffe, même si dans la gorge il ne reste qu’une terre froide prête à se mélanger au reste qui vous trouble pour se transformer en boue et vous inonder sauvagement.

Dans la salle d’attende, personne ne bous, personne ne bouge. Je me demande si je serais encore capable d’humecter mon pouce et cet autre doigt pour tourner les pages de papier glacé du magazine qui se trouve sur la petite table à côté de tous les autres fascicules qui vous invitent à des séances entre fumeurs (qui veulent s’arrêter) entre bi-polaires (qu’on aimerait voir s’arrêter), entre dépressifs, entre alcooliques. Tous ces petits groupes sont faits pour vous empêcher de savoir au juste de quoi vous souffrez. Si votre souffrance n’est pas plus légitime que le bonheur qu’on vous propose en remplacement. Mais qu’importe. Le magazine parle de voyages sans tenir compte du fait que le pays où l’on propose ces randonnées magiques soit sous la tutelle d’un autre. Le Tibet. Je me demande souvent qui sera la prochaine réincarnation de Bouddha. 

 

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J’observe les ombres avancer à petits pas. Elles ne tremblent pas, elles ne se dévorent pas encore entre elles et pour les suivre, il faut se montrer patient. Je frôle leurs contours sans comprendre leurs dessins, je les suis là où elles forment presque des frontières. Il m’est absolument nécessaire de savoir où elles vont, ce que sont et deviennent leurs formes sans corps. 

Je suis parmi elles, une ombre de plus, plus fluide, plus fragile et plus illusoire. Je n’arrive pas à vouloir m’instaurer à leur rythme, à leurs saisons, à la lenteur égale de tous leurs gestes mais j’aime leur spectacle. J’aime le timbre de leur voix, l’inclinaison de leurs larmes. Je sens qu’elles ne pleurent pas, elles s’écoulent comme je vis.

De ma position, je vois et à force, je devine que quelque chose m’échappe. Un flux plus léger qu’une parole. Une brise à peine en mesure de demeurer et de ressembler au mot qui tel un bateau l’apporterait à moi. Un flocon frais en compagnie des siens qui tous lui ressemblent ou à peu près. L’air. Il faut bien de quoi accompagner les ombres.

Le haut-bois sert je crois mais il n’est pas qu’un instrument. C’est un endroit, un haut-lieu où boire des yeux les ombres. Chacune a sa saveur qui varie avec le temps, sans qu’on s’en aperçoive.

Mais moi, je les regarde, je les suis sans devenir des leurs. Si je pouvais choisir d’être un objet, je serais le pinceau, je serais les soies imbibées et non l’encre. Juste la potentialité. Le rêve sous-entendu, éternellement absent et incapable de produire. 

Je me suis assoupi. Les ombres ont bondi d’un endroit à un autre, elles se sont transformées et ne ressemblent plus à celles qui restaient à l’orée de l’endroit où je me trouvais. Je me regarde, ma robe luit comme un dard et à l’intérieur mon coeur est surpris, ce flâneur. J’ai le bourdon, cela se sait je le sens incapable de sortir même si je baille.

Je me lève, je m’étire, je compte toutes mes vertèbres, je contemple mes griffes. Assis, je me demande si je vais reprendre ma ronde. Ma ronde des ombres. Quel est mon territoire? Sa limite est un parfum de ma collection, ma collection de songes et de souvenirs.